Voilà le deuxième texte.

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                                                                   Sermon ( 80,4) 

 

Le malade a tué le médecin. Augustin réfléchit au danger de la maladie qui s’ignore.    


Jésus le Christ est venu rendre visite aux malades. Tous, il nous a trouvés malades.  

Que personne ne se flatte d’être en bonne santé s’il ne veut pas que le médecin l’abandonne.  Tous, il nous a trouvés malades. Écoutez ce que dit l’apôtre Paul:  Tous ont péché, tous sont privés de la grâce de Dieu (Rm 3,23). 

On peut diviser ces malades en deux catégories: les uns viennent trouver le médecin, s’attachent à Jésus, l’écoutent, le respectent, le suivent, se convertissent. Le médecin venu de Dieu les accueille tous pour les guérir, sans aucune marque de mépris. Il les guérit gratuitement, sa force leur rend la santé. Eux sont transportés de joie de voir le Christ les accueillir avec bonté, se les attacher pour les guérir.

Les autres, ceux de la deuxième catégorie, affaiblis par les péchés qui troublent leur esprit, ne se reconnaissent pas malades. Ils injurient le médecin parce qu’il s’occupe des malades et disent à ses disciples : Pourquoi votre maître mange-t-il avec les collecteurs d’impôts et les pécheurs? (Mt 9,11).  

Jésus les connaît. Il sait dans quel état ils se trouvent. Il leur répond :  Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades (Mt 9,12). 

Il révèle en même temps qui est bien portant et qui est malade.  

Il dit: Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs (Mt 9,13). 

Autrement dit : si les pécheurs, les malades ne viennent pas me trouver, pourquoi suis-je venu? Pour qui suis-je venu? Si tous sont bien portants, pourquoi un tel médecin est-il descendu du ciel? Pourquoi nous a-t-il préparé des médicaments, non pas partir de plantes et de substances ordinaires mais avec son propre sang?  

Ainsi, ceux dont la maladie est moins grave, ceux qui reconnaissent leur mal, s’attachent au médecin pour obtenir la guérison. Ceux dont la maladie est plus grave, insultent le médecin et calomnient les malades. Jusqu’où ont-ils poussé leur haine insensée? Ils se sont emparés du médecin. Ils l’ont enchaîné, flagellé, couronné d’épines. Ils l’ont attaché à un gibet infâme, l’ont fait mourir sur une croix. Vous vous étonnez ? Vous avez raison. Le malade a tué le médecin. Mais, en mourant, le médecin guérit le malade.